Académie de la Poésie Française Pérenniser et faire rayonner la poésie classique et néo-classique en France et à l’étranger

Maya Angelou, USA

Maya Angelou, première femme noire à recevoir le prix Nobel de littérature (1993)

2026 02 26 maya angelo

« Maya Angelou a été importante à bien

Maya Angelou, USAdes égards. Et c’était une vraie originale. Elle n’a pas son pareil. »

Toni Morrison*romancière, essayiste et professeure de littérature afro-américaine, la première femme noire à recevoir le prix Nobel de littérature (1993). Lauréate du Pulitzer pour Beloved, son œuvre engagée explore l’héritage afro-américain, l’esclavage, le racisme et le sexisme à travers des récits poétiques et puissants, parmi lesquels L’Œil le plus bleu, Sula et Le Chant de Salomon.


 

Tour à tour chanteuse, danseuse, actrice, poète, écrivaine, compagne de lutte de Martin Luther King et de Malcolm X pour la cause noir, reporter, enseignante et réalisatrice, Maya Angelou (1928-2014) est une personnalité majeure de la vie culturelle, artistique et politique des États-Unis. Récompensée par le National Book Award pour son service remarquable rendu à la communauté littéraire américaine, elle est aujourd’hui une figure iconique pour le monde entier.

Personnalité hors du commun, elle a conduit une existence mêlant l’intime et le politique. Poétesse du quotidien, elle a vu dans le malheur un maître pour apprendre à vivre. Dans un monde où prospère le racisme, elle a traversé l’expérience africaine-américaine de la lutte pour les droits civiques et pour le combat de tous les peuples colonisés pour se libérer de la violence et de l’oppression. Grâce à elle, le lecteur apprend l’amour de soi, la rigueur et la résilience. C’est une figure de survivante Maya Angelou, une femme militante pour les droits de Noirs américains qui, dans un monde travaillé par des volontés dominatrice et racistes, a su rester invaincue et positive.

Féministe déclarée, dans ses poèmes elle nous propose une idée de la puissance au féminin et nous convie à prendre part à l’œuvre émancipatrice, qui consiste à affronter l’histoire pour ne pas la revivre. Une femme engagée pour l’avancement de ceux qu’elle appelle my people, mon peuple, les miens.


Marianna Esposito Vinzi

Traductrice-Conférencière en Littérature italienne à l’AUAN, France

Chercheuse affiliée à l’Université d’Utrecht, Pays-Bas (Observatory on Dante Studies)


 

Beaucoup et plus encore

Beaucoup et plus encore

voudraient baiser ma main,

goûter mes lèvres,

prêter à ma solitude

la chaleur de leur corps.

Je manque d’un ami.

Certains, quelques-uns,

donneraient leur nom

et leur riche fortune

ou enverraient leur fils ainé

à mon chevet mal portant.


 

J’ai besoin d’un ami.

Il y en a un et un seul

qui donneraient l’air

de ses poumons défaillants

pour guérir mon corps.

Et celui-là est mon amour.

Pas grand-chose

Mais bien sûr tu n’as

jamais été grand-chose. Pas une chose.

Une fusée ardente, qui patriotiquement

explose dans mes

veines. Une douche d’étoiles – cascades d’étoiles

derrière mes paupières closes. Un

fer brûlant traverse mon front.

Pas une chose importante.

Un mot de quatre lettres poché

sur la chair à l’intérieur de ma

cuisse.

Piétinant les vallées à l’eau de rose

de mon cerveau. Mettant

le holà aux nouvelles loyautés.


 

Ma vie, alors je dis

pas grand-chose.

 

Née comme ça

Aussi loin que possible, elle cherchait

à les atteindre toutes. Arquant son petit

corps et grognant

avec grâce, ses

doigts comptaient les roses

sur le papier peint.


 

La prostitution infantile l’avait formée

à l’imposture. Papa était un

peloteur. Des mensonges doucement soufflés,

des girons doucement massés.

Un sourire pour de beaux souliers,

un baiser contre une robe, peut-être.

Et un téléphone privé

valait bien la plus grande caresse.


 

Les voisins et les amis proches

murmuraient qu’on l’avait vue

arpenter les rues

quand elle avait dix-sept ans.

Personne ne lui demandait ses raisons.

Elle n’en savait rien elle-même.

Elle tenait juste pour acquis

qu’elle était née comme ça.


 

Aussi loin que possible, elle cherchait

à les atteindre toutes. Arquant son petit

corps et grognant

avec grâce, ses

doigts comptaient les roses

sur le papier peint.