Académie de la Poésie Française Pérenniser et faire rayonner la poésie classique et néo-classique en France et à l’étranger

Témoignages

Philippe Lemoine, passeur de culture

Lemoine philippe fdata 2344938 avatar user 1654224 tmpphp1kcecuFondateur de l’association Mille poètes en Méditerranée, Philippe Lemoine est l’auteur de 15 recueils et lauréat de nombreux prix de poésie. Il organise à Narbonne des rencontres littéraires et poétiques, des concerts et des expositions.

Ce passeur de culture, à l’image de la musique compose ses poèmes en conjuguant musicalité, signifiance et prosodie.

 

 

Pourquoi aimez-vous la poésie en vers rimés ?

Patrimoine culturel, j’apprécie particulièrement la poésie classique voire néoclassique pour l’exigence qu’elle demande au poète. Racine de la poésie, pour moi, elle symbolise une singularité spécifique du langage dans la littérature française.

Quels poètes vous ont inspiré ? Pourquoi ?

Les poètes qui m’inspirent sont principalement les poètes romantiques : Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Gérard de Nerval, Victor Hugo, José-Maria de Heredia, Samain, Alphonse de Lamartine, Marceline Desbordes-Valmore, Germain Nouveau, Léon Dierx, Jean Richepin, Sully Prudhomme, Louis Aragon… Certains pour la qualité de leur prosodie, la fluidité, la musique de leur vers, d’autres pour leurs inventions, l’originalité de leurs métaphores, le souffle, la force, la signifiance de leurs poèmes… Nombreuses de leurs œuvres, sont pour moi, des exemples de perfection à atteindre.

Quelles contraintes d'écriture vous imposez-vous pour écrire un poème ?

À l’image du vers de Paul Verlaine : « De la musique avant toute chose. », je n’écris pas, je compose de la poésie ; musicalité, signifiance et prosodie doivent se conjuguer en harmonie. J’ajouterai que, par le jeu du langage, le biais de la métaphore, je tends à m’échapper du langage commun. La poésie est un Art littéraire, j’ai pour elle un grand respect et donc, pour elle, une grande exigence dans sa composition.

 

Pour en quelque sorte, illustrer mes exigences :

 

Le poète le sait !

Le poète le sait, tout Art a son labeur,

Son âme au chevalet ne connaît pas de trêve,

Elle se doit d’aller plus profond dans le rêve

Et d’en forger l’image, avec soin et ardeur…

 

Le travail, en lui-même, énonce ses valeurs,

Quand le grain est semé commence l’aventure,

Qu’il est long le labour du sillon d’écriture ;

Celui qui se nourrit de fièvres et douleurs…

 

Il faut bien des efforts et beaucoup de rigueur

Pour du langage avoir la belle architecture,

À la rude syntaxe appliquer la rature,

Monder les hiatus en parfait élagueur…

 

Le poème, remis cent fois sur le métier,

Déploie, à l’infini, de nouvelles boutures.

On goûte sa finesse à ses maintes coutures ;

En ciseler la robe est un vaste chantier…

 

En composer le chant avec humilité,

Et pour du Grand mystère entendre les murmures,

De tous les sens communs fracturer les serrures ;

Inventer, sans emphase, en toute liberté…

 

La musique et le sens allant se tutoyant,

Au temps de la moisson, celui de l’émergence,

Quand le talent s’unit aux fruits de l’exigence,

Il n’est plus de frontière aux songes du voyant !

 

Philippe Lemoine

Chaunes, poète et scientifique

Grand prix de poésie 2024 de l’Académie de la Poésie Française, pour son œuvre poétique. Jean Patrick Connerade, de som de plume Chaunes,  est né poète/chercheur et confie que son amour de la poésie et sa curiosité pour les sciences se sont manifestés trop tôt pour qu’il s’en souvienne précisément. Il raconte qu’à l’école, dans une petite classe, l’institutrice lui a demandé d’écrire un devoir et qu’il a rendu un poème.

Pourquoi aimez-vous la poésie en vers rimés?

Ô Muse, est-il bien de saison
de te parler de poésie,
de la rime et de la raison,
d'inspiration, de fantaisie ?
Pourquoi trembles-tu dans le noir ?
Ne me laisse pas seul, friponne !
La question était pourtant bonne.
C'est honteux de ne pas savoir...

Quels poètes vous ont inspiré? Pourquoi?

Nos maîtres ne sont plus. Laforgue

est parti. Quant à Du Bellay

on crut le trouver sous les orgues

de Notre-Dame. Au grand jamais

ne ressusciteront Verlaine,

Baudelaire ou Maître François !

Et qui sait le sonnet d'Hélène

dans ce siècle sans foi ni loi ?

 

Quelles contraintes d'écriture vous imposez-vous pour écrire un poème?

Je m'obstine par mes quatrains, 

Je meurs auprès d'une fontaine

sur ma ballade sans refrain

ni écho. Pourtant, bruit je mène

et je compose des sonnets,

des madrigaux et des sextines,

ou même de simples comptines 

dont seul, la règle, je connais.

 

 

La France est le pays des rimes,

des chansons de son peuple-roi.

Notre poésie est sublime

et le plus noble de nos droits.

 

Publié sur le site – 8 septembre 2026

 

Victor Derussant, enfant de l'alexandrin

Derussant hortensias bleux oceans vertInitié très tôt, par sa mère aux beautés de la poésie française,Loen Victor Derussant est un admirateur inconditionnel des arts académiques et néo-classiques, et grand ami du patrimoine, de la ruralité et des littoraux.

Pourquoi aimez-vous la poésie en vers rimés ?

Cette question évoque pour moi un chef-d’œuvre du lyrisme que je me récitais lorsque j’avais quinze ans : « Lucie » d’Alfred de Musset. Un acrobate du vers, ce Musset ! et un poème qui s’épanouit comme une sonate (ce qui fait écho au thème du clavecin et au mot harmonie, d’ailleurs répété dans le texte !) en tirant parti des trois types de rimes. Qu’eût donné ce bijou une fois transposé en vers libres ? Un véritable massacre, je pense. Il m’est arrivé cependant d’écrire aussi en vers libres mais, alors, je peine ! la tâche m’est beaucoup plus difficile, presque désagréable. De plus, dans ce cas, je me montre impitoyable et déchire neuf poèmes sur dix car je ne veux conserver que ce que j’estime, modestement, être valable.

Quels poètes vous ont inspiré ? Pourquoi ?

Je crois devoir à A. de Lamartine mon penchant pour le lyrisme, à C. Baudelaire mon goût de l’exotisme et à Charles Péguy le rythme d’un alexandrin classique qui devient prière. Ce qui ne m’empêche pas de considérer Louis Aragon comme le plus grand poète français du siècle passé ni de révérer Albert Samain (injustement méconnu d’après moi !) ainsi que les poètes parnassiens.

Quelles contraintes d'écriture vous imposez-vous pour écrire un poème ?

Je ne décide le plus souvent de rien : une musique vient me visiter à l’improviste ; celle de l’alexandrin ou de vers pairs. Je prends note aussitôt et je développe alors la suite en essayant de conserver le thème et le rythme. Je laisse ensuite « reposer » le texte et je le reprends une semaine ou deux après pour essayer de l’améliorer. Qu’ajouter, sinon que, comme pour les romantiques, le cadre joue énormément sur mon inspiration ? J’adore les ports, les cimetières, les voies ferrées abandonnées quand l’herbe pousse entre les rails rouillés, les monuments et les bergeries en ruines… les hortensias bleus et l’océan vert.


 

Merci mille fois de m’avoir accordé cet espace pour m’exprimer !