Académie de la Poésie Française Pérenniser et faire rayonner la poésie classique et néo-classique en France et à l’étranger

La cigale et la fourmi - le Grillon Zélé

2026 10 16 la cigale et la fourmi r

 

Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
– Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
– Vous chantiez ? j’en suis fort aise.
Eh bien! dansez maintenant.

Jean de La Fontaine

 

Sitôt dit, elle suivit

Les conseils de la fourmi.

Elle se mit à danser

En toute légèreté ;

Elle montrait tant de zèle,

Dans sa robe de dentelle !...

Ainsi pour tant de brio,

C’est un impresario,

Fort renommé sur la place,

Qui fut sensible à sa grâce,

Et l’embaucha sur le champ,

Devant autant de talent !

La fourmi qui fut « baba »,

Resta sur son quant-à-soit !


Le grillon zélé

Le loup et le chien maigre, Mireille Héros

Bergers, bergers, le Loup n'a tort
Que quand il n'est pas le plus fort :
Voulez-vous qu'il vive en ermite ?

Loup (le) et les Bergers (X, 5)

2026 10 16 le loup et le chien maigre e73ba3461a01ff6443c4eb9239ece585

Mais le loup retint la leçon

Promit d’adapter ses façons

Et attendit avec patience

De faire bombance

Quand l’occasion se présenta

Dans la ferme du chien bien gras.

La basse-cour en assemblée

Son champion doit désigner.

Tout en émoi la valetaille

Tout en battant des ailes, piaille :

Choisir entre deux prétendants

Un coq au plumage éclatant

Et un ramier dont la hardiesse

N’a d’égal que sa paresse

Le choix s’avère délicat

Chacun défend son candidat.

Un dindon, un vieux de la vieille

A l’idée de sortir sa vielle.

Oubliés les éclats de voix

Les mots d’oiseaux dans les carquois

Place à la fête et à la bombance

Le grain coule à flots. C’est Byzance.

Soudain, un hurlement sinistre

Foin de président ou ministre

Un loup efflanqué, affamé

Dans la basse-cour est entré

Dindons, coqs, poulets, becs et ongles

Tout le long d’une nuit très longue

Font front devant l’envahisseur.

Au petit matin l’oppresseur

Satisfait a rempli sa panse

La basse-cour lui fait allégeance.

 

Moralité

Ruse et patience paient toujours.

La perdrix et le lièvre, Annie Leroy

2026 10 16 la perdrix et le lievre

Il ne se faut jamais moquer des misérables :
Car qui peut s'assurer d'être toujours heureux ?

Lièvre (le) et la Perdrix (V, 17)


 

LA PERDRIX ET LE LIEVRE

 

Se gausser des gens heureux

Vous rendrait-il moins malheureux ?

Le sage Esope, dans ses écrits,

Nous l’a, bel et bien, souvent dit.

Lors, écoutez-là cette histoire,

Que j’ai trouvée, dans un grimoire,

Et que je vous conte, aujourd’hui.

Il ne faut se railler d’autrui !

 

La Perdrix et le Lièvre conversaient,

Tranquillement, près d’une haie,

Quand vint un groupe de chasseurs,

Avec leurs chiens, hurlants, japeurs.

Damme Perdrix, qui se vantait

De toujours dominer ; de jamais

Ne donner cours à l’inquiétude,

Voulut, cependant, par quiétude,

Voler plus haut que le feuillage :

« Je ne fuis pas, moi, je voyage ! »

Le Lièvre, levant les yeux au ciel,

Se moquant, d’un ton plein de fiel,

S’écrie : « Allons, Dame Perdrix,

Pourquoi cherchez-vous un abri ?

Vous crevez de peur, je vois bien,

A la vue de ces quelques chiens ! »

En riant, il dit aux chasseurs :

« Perdrix craignait les agresseurs ;

Elle vous échappe dans les airs,

Moins arrogante qu’avant-hier !

Je me gausse de sa vanité,

De son manque d’humilité.

 

 

… / …

 

… / …

 

 

Etant, moi-même, moins hardi,

Je me sens, cependant, dégourdi :

Je vous salue et me retire,

Très humblement, avec sourire,

Au plus vite, dans mon logis. »

« Pas si vite ! Avec nos fusils,

Nous mettrons fin à tes soucis,

Faisant de toi cadavre exquis »… »

 

Ramper près des autorités

Ne garantit tranquillité !

Vous n’êtes encore malheureux ?

Patientez… Les revers vous rendront piteux…

 

Se gausser des gens heureux

Vous rendrait-il moins malheureux ?

Le sage Esope, dans ses écrits,

Nous l’a, bel et bien, souvent dit.

Lors, écoutez-là cette histoire,

Que j’ai trouvée, dans un grimoire,

Et que je vous conte, aujourd’hui.

Il ne faut se railler d’autrui !

 

La Perdrix et le Lièvre conversaient,

Tranquillement, près d’une haie,

Quand vint un groupe de chasseurs,

Avec leurs chiens, hurlants, japeurs.

Damme Perdrix, qui se vantait

De toujours dominer ; de jamais

Ne donner cours à l’inquiétude,

Voulut, cependant, par quiétude,

Voler plus haut que le feuillage :

« Je ne fuis pas, moi, je voyage ! »

Le Lièvre, levant les yeux au ciel,

Se moquant, d’un ton plein de fiel,

S’écrie : « Allons, Dame Perdrix,

Pourquoi cherchez-vous un abri ?

Vous crevez de peur, je vois bien,

A la vue de ces quelques chiens ! »

En riant, il dit aux chasseurs :

« Perdrix craignait les agresseurs ;

Elle vous échappe dans les airs,

Moins arrogante qu’avant-hier !

Je me gausse de sa vanité,

De son manque d’humilité.

 

 

… / …

 

… / …

 

 

Etant, moi-même, moins hardi,

Je me sens, cependant, dégourdi :

Je vous salue et me retire,

Très humblement, avec sourire,

Au plus vite, dans mon logis. »

« Pas si vite ! Avec nos fusils,

Nous mettrons fin à tes soucis,

Faisant de toi cadavre exquis »… »

 

Ramper près des autorités

Ne garantit tranquillité !

Vous n’êtes encore malheureux ?

Patientez… Les revers vous rendront piteux…

 

 

 

 

 

Le corbeau et le renard, la Fourmi curieuse

2026 10 16 le corbeau et le renard mage le corbeau et le renard

Les propos du corbeau ne se font pas attendre,

Il retient le renard, lui adresse ces mots :

« Alors, Maître Renard, vous qui daignez m’entendre,

Vous qui réfléchissez, et qui n’êtes pas sot,

Si vous péchez un peu, par votre gourmandise,

Songez que d’aventure, alors gras et replet,

Répondre à vos envies ne serait pas de mise,

A poursuivre la poule, afin de la croquer… »


On ne saura jamais, quelle fut la réponse

Du renard qui déjà, peu à peu s’éloignait…

De ce qui s’était dit, s’il n’en gardait qu’une once,

Il en ferait profit, et lui seul le savait !


 

La fourmi curieuse