Il ne se faut jamais moquer des misérables :
Car qui peut s'assurer d'être toujours heureux ?
Lièvre (le) et la Perdrix (V, 17)
LA PERDRIX ET LE LIEVRE
Se gausser des gens heureux
Vous rendrait-il moins malheureux ?
Le sage Esope, dans ses écrits,
Nous l’a, bel et bien, souvent dit.
Lors, écoutez-là cette histoire,
Que j’ai trouvée, dans un grimoire,
Et que je vous conte, aujourd’hui.
Il ne faut se railler d’autrui !
La Perdrix et le Lièvre conversaient,
Tranquillement, près d’une haie,
Quand vint un groupe de chasseurs,
Avec leurs chiens, hurlants, japeurs.
Damme Perdrix, qui se vantait
De toujours dominer ; de jamais
Ne donner cours à l’inquiétude,
Voulut, cependant, par quiétude,
Voler plus haut que le feuillage :
« Je ne fuis pas, moi, je voyage ! »
Le Lièvre, levant les yeux au ciel,
Se moquant, d’un ton plein de fiel,
S’écrie : « Allons, Dame Perdrix,
Pourquoi cherchez-vous un abri ?
Vous crevez de peur, je vois bien,
A la vue de ces quelques chiens ! »
En riant, il dit aux chasseurs :
« Perdrix craignait les agresseurs ;
Elle vous échappe dans les airs,
Moins arrogante qu’avant-hier !
Je me gausse de sa vanité,
De son manque d’humilité.
… / …
… / …
Etant, moi-même, moins hardi,
Je me sens, cependant, dégourdi :
Je vous salue et me retire,
Très humblement, avec sourire,
Au plus vite, dans mon logis. »
« Pas si vite ! Avec nos fusils,
Nous mettrons fin à tes soucis,
Faisant de toi cadavre exquis »… »
Ramper près des autorités
Ne garantit tranquillité !
Vous n’êtes encore malheureux ?
Patientez… Les revers vous rendront piteux…
Se gausser des gens heureux
Vous rendrait-il moins malheureux ?
Le sage Esope, dans ses écrits,
Nous l’a, bel et bien, souvent dit.
Lors, écoutez-là cette histoire,
Que j’ai trouvée, dans un grimoire,
Et que je vous conte, aujourd’hui.
Il ne faut se railler d’autrui !
La Perdrix et le Lièvre conversaient,
Tranquillement, près d’une haie,
Quand vint un groupe de chasseurs,
Avec leurs chiens, hurlants, japeurs.
Damme Perdrix, qui se vantait
De toujours dominer ; de jamais
Ne donner cours à l’inquiétude,
Voulut, cependant, par quiétude,
Voler plus haut que le feuillage :
« Je ne fuis pas, moi, je voyage ! »
Le Lièvre, levant les yeux au ciel,
Se moquant, d’un ton plein de fiel,
S’écrie : « Allons, Dame Perdrix,
Pourquoi cherchez-vous un abri ?
Vous crevez de peur, je vois bien,
A la vue de ces quelques chiens ! »
En riant, il dit aux chasseurs :
« Perdrix craignait les agresseurs ;
Elle vous échappe dans les airs,
Moins arrogante qu’avant-hier !
Je me gausse de sa vanité,
De son manque d’humilité.
… / …
… / …
Etant, moi-même, moins hardi,
Je me sens, cependant, dégourdi :
Je vous salue et me retire,
Très humblement, avec sourire,
Au plus vite, dans mon logis. »
« Pas si vite ! Avec nos fusils,
Nous mettrons fin à tes soucis,
Faisant de toi cadavre exquis »… »
Ramper près des autorités
Ne garantit tranquillité !
Vous n’êtes encore malheureux ?
Patientez… Les revers vous rendront piteux…