Académie de la Poésie Française Pérenniser et faire rayonner la poésie classique et néo-classique en France et à l’étranger

Daniel Simonelli, laisser courir les mots

Né à Salon de Provence le 7 octobre 1958, Daniel Simonelli vit une enfance paisible sous le ciel des Paluds de Noves, charmant petit village situé à deux pas des Alpilles. C’est vers l’âge de 15 ans, alors qu’il poursuit ses études secondaires au lycée Frédéric Mistral d’Avignon que la poésie s’offre à lui comme un moyen d’échapper à la morosité de l’existence. Ses premiers vers traduisent alors l’angoisse, l’incompréhension qu’il ressent durant la période difficile de son adolescence. Il publie son premier recueil « Ouvrir la cage aux lettres… laisser courir les mots » à l’âge de 24 ans. Cinq années plus tard, ce sera « les sonnets du zodiaque ». Ses poèmes sont régulièrement publiés dans l'Albatros.

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La larme n’a pas de couleur (Rondel)

La larme n'a pas de couleur,

Qu'elle soit de joie ou de peine,

Coule sur l'ivoire ou l'ébène,

Naisse de rire ou de douleur.

 

Qu'elle déborde ou perce à peine 

Au coin de l'œil selon l'ampleur,

La larme n'a pas de couleur,

Qu'elle soit de joie ou de peine.

 

Mais elle n'est pas sans valeur,

C'est le cœur entier qui s'y baigne

Pour éponger toute la peine 

Des hommes en proie au malheur...

La larme n'a pas de couleur.

Les sinistrés du cœur (Sonnet)

Les sinistrés du cœur marchent, silencieux.

Leur monde s'est réduit à la sphère congrue,

Vous pourrez les croiser au hasard d'une rue 

Quand leur regard éteint se plante dans vos yeux.

 

Car ils ne rêvent plus d'univers merveilleux...

Leur belle âme infantile est à jamais perdue.

S'ils vous parlent du temps, leur voix pourtant s'est tue

Et ne vous dira pas qu'ils ont fait de leur mieux.

 

Ayant depuis longtemps cessé de vouloir plaire,

Ils n'ont plus d'amertume et pas plus de colère 

Car ils sont désormais incapables d'aimer.

 

Et lorsqu'un souvenir remonte à la surface 

De leur gouffre sans fond, pour ne pas s'abîmer,

D'un réflexe vital, leur mémoire l'efface.

 

Daniel Simonelli