Les sinistrés du cœur (Sonnet)
Les sinistrés du cœur marchent, silencieux.
Leur monde s'est réduit à la sphère congrue,
Vous pourrez les croiser au hasard d'une rue
Quand leur regard éteint se plante dans vos yeux.
Car ils ne rêvent plus d'univers merveilleux...
Leur belle âme infantile est à jamais perdue.
S'ils vous parlent du temps, leur voix pourtant s'est tue
Et ne vous dira pas qu'ils ont fait de leur mieux.
Ayant depuis longtemps cessé de vouloir plaire,
Ils n'ont plus d'amertume et pas plus de colère
Car ils sont désormais incapables d'aimer.
Et lorsqu'un souvenir remonte à la surface
De leur gouffre sans fond, pour ne pas s'abîmer,
D'un réflexe vital, leur mémoire l'efface.
Daniel Simonelli