Jeanne, les chemins du silence
Poète breton, Alain Fleitour vient de publier aux éditions Sajat « Jeanne les chemins du silence ». Dans cet opus de 80 pages, en vers libres ou rimés, il rend un vibrant hommage à celui qui lui a ouvert la porte du monde des arts : le sculpteur Pierre de Graw :
« Caressant la traverse de chêne
la main de Pierre hésitait, le bois respirait encore
la main calleuse cherchant l’âme du bois, ses fibres,
son odeur, d’un sommeil de tant d’années...
… ses belles mains tannées glissaient... »
Les mains de Pierre
« Le visage entier est entre les mains de Pierre,
il ne doit pas bouger, mais laisser filer les derniers bouts de glaise.
La terre est si fragile.
Alors des mots viennent frôler les yeux du sculpteur... »
Émerveillements.
Outre la poésie, Alain Fleitour sa passionne pour la peinture et notamment pour celle de Bernard Bouin, artiste breton, spécialisé dans les paysages. Il célèbre un ensemble de toiles autour des quatre saisons, à l’instar de l’œuvre de Vivaldi :
« … La vie impose sa renaissance
à grandes foulées de vent
les ombres remontent le temps... »
Le printemps sa renaissance
« … C’est un flot de lumières aveuglantes
qui bouleverse le silence de nos corps... »
L’été les bruits du monde
« … Le temps glisse de feuille en feuille
Du vert au pourpre en attendant l’hiver... »
Automne comme une fêlure
« … Deux ombres entre deux arbres échevelés
Couchant la blanche nudité du soir... »
L’hiver où tout se fige
Jeanne, les chemins du silence, fait la part belle aux femmes, aux opprimés et au rejet de la guerre.
Mireille HEROS
*Alain Fleitour est un poète breton, né à Paris. Il représente l’Académie de la poésie française dans la région de Vannes.
Dès l’âge de cinq ans, il se passionne pour les livres. Avec sa mère institutrice il apprend leur sens, leur magie, leurs métamorphoses. Malheureusement, elle décédera l’année de ses six ans. A huit ans, il fera le dur apprentissage du pensionnat.
Néanmoins deux professeurs éclaireront son enfance : Pierre Gillet,professeur de français et passionné d’alpinisme, et Pierre de Grauw, sculpteur, qui lui fera découvrir le monde de l’art. En 1968, il ressent le besoin impérieux d’écrire et de partager. Il rencontre sa muse et publie son premier recueil de poésies « l’amour en jachère » aux éditions de Saint-Germain des Prés.
Aujourd’hui à la retraite, cet ancien ingénieur agronome, s’attache à promouvoir la poésie en Pays de Vannes.