Académie de la Poésie Française Pérenniser et faire rayonner la poésie classique et néo-classique en France et à l’étranger

Chaunes, poète et scientifique

Chaunes : Vers à moitié pleins, Vers à moitié vides

Grand prix de poésie 2024 de l’Académie de la Poésie Française, Chaunes publie aux éditions des Poètes Français, un nouvel opuscule : Vers à moitié pleins, Vers à moitié vides. En ouverture de son recueil en forme de sonnet, l’auteur s’interroge sur quel vrai poème, il laissera à la postérité. Tel un feu d’artifice, ses vers vagabondent, nous emportent dans l’imaginaire de ce physicien-poète. Au détour de ses rimes, on reconnaît le scientifique :

« L’onde et la particule ont quitté le Parnasse

chassés par le bon goût que leur union agace... »

L’humour du poète transparaît au fil des poèmes avec les Tessons du vase de Soissons :

« Les droits de l’homme et les fromages

la République et le foie gras

la tour Eiffel, un coin de plage

le franc parler et l’auvergnat... »

ou encore la chanson lunatique :

« La lune est un fromage blanc

et ses volcans sont des pustules

contaminant le firmament

dont elle est la plus grosse bulle... »

Au fil des pages, l’auteur nous emporte dans des contrées lointaines comme la Perse où il fait  "Le deuil d’un empire

Près d'Ispahan, les nénuphars
ne fleuriront que sur le tard,
la Perse n’étant que l’Iran,
hélas ! en ces temps délirants.

puis offre au lecteur une Marche persane

« Comment met-on la table en Perse ?

Est-ce à l’endroit, ou bien l’inverse ?

Le Shah ne viendra plus nous voir :

si nul ne sait le recevoir... »

ou encore un beau Persan bleu

« Je l’aimais tant

le chat d’Iran.

Il savait plaire

à ma grand-mère

 

en pelotant

la terre entière,

en rouspétant,

comme Satan,

…

Quel fier forban!

Quel caractère !

Quel Artaban

autoritaire ! »

Avec nostalgie, il évoque un passé qui ne reviendra plus :

« Rendez-moi le pays que j’avais autrefois,

où les soucis restaient secrets, où tant de choses

avaient leur place, où les parfums sentaient la rose,

les fruits avaient du goût et les idées du poids... »

et d’égratigner au passage la société des réseaux de Panurge :

« Notre réseau social, le Temps l’abolira.

Tout ce que nous aurons laissé traîner sur Terre

ira dans la poubelle. Aucun fou ne lira

la prose, et la photo aujourd’hui est vulgaire.

…

Nous n’y pouvons plus rien. Quant au cyberespace,

ne le confondons pas avec un grand destin.

Les hommes verts n’y trouverons aucune trace... »

 

Avant de refermer cet ouvrage, chacun notera la nouvelle adresse du poète :

Désormais

2 place d’Aubaïgues

34700 etc.

 

 

Mireille HEROS

18 août 2026

2026 08 18 chaunes le triomphe feministe

 

 

 

Le triomphe féministe

Poète et physicien, Chaunes est également un écrivain. Il nous livre un roman épistolaire qui met en scène les différents acteurs du milieu de la haute-couture, dernier bastion de l’élégance à la française. Certains personnages ne sont pas sans rappeler certains évènements qui ont défrayé les médias du monde entier.

 

Ce roman, ardemment féministe, renoue avec une tradition très française, celle des romans de mœurs dans le style de Crébillon fils (auteur du Sopha), de Restif de la Bretonne et de Choderlos de Laclos.

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Chaunes, grand prix de poésie 2024 de l’Académie de la Poésie Française, pour son œuvre poétique

On peut être à la fois scientifique et poète. Jean Patrick Connerade, de son nom de plume Chaunes, en fait la démonstration. En recevant des mains de Thierry Sajat, président de l’Académie de la Poésie Française, et Daniel Ancelet Vice-Président, il accroche une médaille supplémentaire à son tableau d’homme de lettres français.

Dans cet entretien, il nous raconte sa longue histoire avec Dame Poésie. 

Expert en physique quantique, Jean Patrick Connerade voit le jour le 9 mai 1943 à Londres sous les bombardements. Il étudie au lycée Charles de Gaulle puis à l’ImperialCollège de l’Université de Londres.Sa mère bordelaise, est la fille du directeur de l’Institut Français de Saragosse, qui a fui la guerre d’Espagne. Son père, après la bataille de Dunkerque, est engagé volontaire dans les services secrets britanniques et parachuté en France pendant l’occupation pour préparer le débarquement de Normandie en faisant sauter les portes d’écluse le long de la côte. Pour échapper à la Gestapo, il s’enfuit par les Pyrénées, Madrid et Gibraltar. A la fin de la guerre il nommé à la Commission de Contrôle du Palatinat.

Jean Patrick Connerade est né poète/chercheur et confie que son amour de la poésie et sa curiosité pour les sciences se sont manifestés trop tôt pour qu’il s’en souvienne précisément. Il raconte qu’à l’école, dans une petite classe, l’institutrice lui a demandé d’écrire un devoir et qu’il a rendu un poème. L’enseignante convoqua ses parents en leur demandant de lui expliquer en quoi consistait un bon devoir. « Ce fut, je crois, mon premier contact avec la prose qui m’a parue bien terne ! Mon intérêt pour les sciences, poursuit-il, je le dois à ma grand-mère qui me parlait des planètes et se posait des questions sur d’autres mondes. »

Durant de nombreuses années, Jean-Patrick Connerade mène une double vie : celle de chercheur et celle de poète. Afin de ne pas mettre en péril sa carrière de scientifique, il publie ses poésies sous le nom de Chaunes. « A l’époque chercheurs et poètes se méfiaient les uns des autres. Mes premiers lecteurs ne soupçonnaient pas que certains de mes recueils avaient été composés auprès d’un accélérateur à particules ou que mes personnages aient connu l’éclairage du rayon laser ! »

Puis arrive une nouvelle époque, celle où les chercheurs doivent sortir de leur tour d’ivoire et comprennent qu’ils doivent communiquer pour lutter contre une certaine désaffection à l’égard des sciences. Tout à coup, le fait d’écrire autre chose que des articles pour des spécialistes est considéré comme une qualité. C’est ainsi que Chaunes peut enfin révéler un secret bien gardé et œuvre à la rencontre entre chercheurs et poètes. Deux cultures que tout semblait opposer et se rejoignent autour de deux valeurs fondamentales : la rigueur et la précision.

Chaunes : un poète connu et reconnu

Poète franco-britannique, Chaunes compte de nombreux prix au rang desquels celui de Marie-José de Heredia de l’Académie Française, le prix Paul Verlaine de la Maison de la Poésie de Paris et le Grand prix de poésie Victor Hugo de la société des Poètes Français.

Récipiendaire du Prix Mondial de l’Humanisme, Jean Patrick Connerade préside l’Académie Européenne des Sciences Arts et Lettres (lien AESAL – AESAL ). Membre de la société philomathique de Paris(lien avec site internet), il est membre correspondant de l’Académie des Sciences, des Inscriptions et des Belles Lettres de Toulouse (lien avec site internet).

Jean Patrick Connerade : le scientifique

Jean-Patrick CONNERADE est Professeur émérite de Physique à l’Imperial College London, Professeur honoraire à la East China University de Shanghai et chercheur invité permanent du laboratoire WIPM de l’Académie Chinoise des Sciences. Il est Président de l’Académie Européenne des Sciences, Arts & Lettres, relié à l’UNESCO.

Il a travaillé dans l’Agence Spatiale Européenne à Rome, à l’Ecole Normale Supérieure de Paris (laboratoire Kastler-Brossel), à la Friedrich-Wilhems Universität de Bonn en Allemagne ainsi que dans de nombreuses universités allant du Golfe Persique à l’extrême Orient.

Il a présidé l’association EuroScience et le Forum ESOF, le comité-conseil de la Commission Européenne pour les programmes Marie Curie et Erasmus.

Jean patrick Connerade est l’auteur de livres et nombreux articles dans les revues scientifiques. Un de ses livres sur la physique a été traduit en mandarin. Il a lui-même édité la revue internationale Journal of Physics B.

Mireille HEROS

Chaunes, grand prix de poésie de l'Académie de la Poésie Française

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Quelques poèmes de Chaunes

Ma vilaine proposition

Est-ce une erreur, est-ce un caprice ?
Il m’a semblé, chers Parigots
qu’il manque encore à l’édifice,
pour célébrer le Père Hugo
une œuvre dont on n’a dit mot
qui mériterait son office,

sur le parvis, pour les badauds,

sans ironie, sans maléfice,
la statue de Quasimodo.

En descendant du train

Le train repart.

Le monde avance.

J'ai du retard

sur mon enfance.

 

Où vont les arts?

Où va la France ?

Dans son regard,

plein d'espérance,

 

je lis pourtant

qu'un autre temps

dont j'ai envie

 

viendra demain,

avec le train

vers la vraie vie.

Sur la choséité des choses ( en guise de réponse à Heidegger)

 

L'art aujourd'hui est minéral.

Il suffit de lui prêter vie.

Pourquoi chercher un animal?

L'objet peut tenir compagnie.

 

Les froids reflets sur un métal

et les écrans qui se déplient,

les avatars qui nous épient

et rient car tout leur est égal,

 

l'intelligence artificielle

et la bêtise naturelle

nous envahissent au galop.

 

Nos lendemains sont virtuels,

car le réel est trop cruel

pour qu'on veuille le mettre en mots.

Consolation à Malfilâtre

      "La faim mit au tombeau..., etc."

La Poésie frappait l’autre jour à ma porte,
je lui ai répondu : « je ferai mieux demain.
Je ne suis qu’un enfant du siècle qui me porte
et qui, jusqu’à présent, n’engendra que des nains.»

   Je l’ai laissée partir, de nouveau, les mains vides
confus car, cette fois, elle comptait sur moi.
Je ne pouvais remettre un poème insipide,
à celle qui connut les maîtres d’autrefois.

   La parole n’est plus. La langue est invalide.
que parlaient nos anciens. On ne sait pas pourquoi
continuer de dire ou de rimer. L’effroi
saisit. L’écho d’un grand passé nous rend timides.

   Un jour, sur son portable, une Muse verra
fleurir des mots anciens, mais les effacera,
car leur alignement lui paraîtra futile.

   En attendant, j’écris sur des feuillets épars
des syllabes perdues qui tombent par hasard,
mais prétendre au poème est un geste inutile.

La Poésie va revenir toujours, je sais,
me réclamer ce qui n’a plus cours dans ce monde.
Faut-il faire semblant, ou bien y résister ?
Les bouteilles s’enfuient, nombreuses, sur les ondes.

Elles ont rendez-vous au cœur d’un océan
où naît un continent nouveau, insubmersible.
J’enverrai mon sonnet découvrir ce néant
loin d’ici car, chez nous, les rimes sont risibles.  

Chaunes

Août 2026

Eloge de Chaunes de Daniel Ancelet

ELOGE DE CHAUNES

AU CAFE DU PONT-NEUF A PARIS

Le samedi 23 novembre 2024


 

Mon cher Chaunes,

Nous nous sommes connus en 2004, lors d’une séance de signatures à l’Age d’Homme rue Férou à Paris, sans doute réunis par Alain Paucard ou Anne Brassié ou Vladimir Volkoff ou Milena Nokovitch.

Vous veniez de publier « La Furie Française », recueil de sonnets échangés avec Sylvoisal, et je vous ai conseillé de le présenter à la Maison de poésie du 11 bis rue Ballu à Paris, et à l’Académie française.

Vous avez été couronné par Jacques Charpentreau (j’y étais), et plus tard par Hélène Carrère d’Encausse dans un château des Yvelines appartenant à la sœur de Charles Aznavour, en présence notamment de Dominique Bona et de René de Obaldia (j’y étais également).

Mon Dieu que la poésie rimée est belle lorsqu’elle est maniée avec une telle élégance et une telle virtuosité !

J’emprunte au « Poète et ses Ombres », publié en 2024 Aux Poètes Français cette évocation d’un géomètre (p.2) qui répond à ce quatrain vengeur de Jules Laforgue :

Celle qui me mettra au courant de la femme,

Je lui dirai de mon air le moins froid,

La somme des angles d’un triangle, chère âme,

Est égale à deux droits. »

Savant et poète, comme Alphonse Allais qui inventa le café soluble en 1881, et Charles Cros, qui découvrit la photographie couleur et le phonographe, vous avez occupé plusieurs chaires professorales en France et à l’étranger, jusqu’en Chine, et organisé à Dublin, Barcelone, Turin, Manchester et Copenhague des colloques « science et poésie » où vous m’avez aimablement convié, mais comme Xavier de Maistre, je préfère ne voyager qu’autour de ma chambre !

Vous avez publié une bonne cinquantaine d’ouvrages, répertoriés dans « Les Déesses vivantes » aux poètes français en 2021, soit 8 à l’Age d’Homme, 38 aux poètes français, 6 actes science et poésie (Euroscience), auxquels j’ajoute 2 romans en 2023 « L’Homme vert de Saint-Sulpice » et « Les Souffrances d’Alexandre Dupont »et en 2024 « Le Jardin de Bérénice » et « Le Poète et ses ombres » déjà cité.

Mais une recension exhaustive sera prochainement mise en ligne sur le site internet de notre académie de la poésie française.

Nous évoquerons peut-être avec vous un jour sous l’Arc de triomphe un poète inconnu pour faire pendant au soldat si bellement chanté par Pascal Bonetti.

Je lirai de vous, extraits du « Poète et ses Ombres » mentionné plus haut trois de vos poèmes parmi les plus significatifs « Céline Berthet » page 23, où vos accents sont dignes d’André Chénier, « Prétentions » page 59 et « Le poète et son ombre » page 93 dans lesquels éclate votre beau talent qui a su réunir la rigueur du style à la grâce dans l’expression.

Mais notre cher Théophile Gautier n’a-t-il pas écrit que la poésie était un luxe nécessaire ?

Soyez donc loué et recevez des mains de notre président Thierry Sajat, avec nos plus chaleureuses félicitations, cette médaille gravée à votre nom, dont nous souhaitons qu’il demeure immortel !!!

Daniel ANCELET

Vice-président de l’ADLPF