Lydie Cailliau sème ses mots à tout vent. Ils se posent sur l’amour, la mort, les pieds, l’eau… Sans fard et sans artifice, ils fleurissent en courts poèmes et donnent à son recueil du rythme :
« Sans maquillage
Ami de toujours
On s’est revus
Et on a pleuré nos retrouvailles
J’ai vu sur tes rides
L’âge que tu as
Tu as vu mon âge
Sans maquillage
Elles sont venues si vite
Mes rides »
Ses vers ont la touchante candeur des toiles du douanier Rousseau. Ils vont droit au cœur pour qui sait lire entre les lignes :
« Poussière d’un jour
Poussière d’une nuit
Effacer, tout effacer
Toute la craie sur le tableau
Tout éteindre
Pour mieux rallumer les couleurs »
Son recueil se feuillette et se lit comme un album de photos avec une surprise à chaque fois que l’on tourne la page. Le style est très rapide relève parfois des haïkus :
« Les toits des maisons fuient le vent
Et les fumées de cheminées »
Elle n’hésite pas à déclarer sa flamme à sa plume :
« Écrire, c’est aimer les pages vides
Les ratures, un cahier épais multicolore…
Un cahier musclé ! »
Une amoureuse des mots, Lydie Caillieau.
Mireille Héros
