Dans le bouillonnement caressant d’un café
Qui s'accroche au versant fort pentu de la Butte,
Tu stimules le goût du poète assoiffé,
Ayant quitté, fougueux, le fond de sa cahute.
Alors, secrètement, ton parfum délicat
Titille sans délai les narines dociles ;
Il enivre l’esprit mieux que l’arabica
Pour dissiper l’ennui des moments difficiles.
Ô succulent nectar, ravissant trublion !
Tu conquiers lentement le corps d’un humble verre,
Puis déverses ton flot, suave tourbillon,
Surpassant aisément la force du tonnerre.
Tu pénètres la chair d’une douce langueur
Sans jamais desserrer le joug de ton étreinte,
Mais ravives la voix grêle du harangueur,
Qui chante tes pouvoirs, ensorcelante absinthe.
Alain Girand