Académie de la Poésie Française Pérenniser et faire rayonner la poésie classique et néo-classique en France et à l’étranger

Les pastourelles de l'Atelier

Epopée - Orange le Troubadour

C’était un chevalier,

Comme on n’en voit jamais,

Dans les contes de fée.

Parmi monts et vallées,

Bergères il recherchait,

Afin de s’amuser.

 

Dans les prés apparut

Une fille dodue

Et elle avait trop bue ;

Dans un lieu vermoulu,

Il lui monta dessus,

Et vierge elle ne fut plus.

 

Des promesses il lui fit ;

Alors quand il partit,

De chanter mal lui prit ;

Car bientôt il vomit ,

De cheval descendit,

Et sa vie il perdit.

 

Car elle avait un frère,

Qui passa sa colère,

En trafiquant sa bière.

Et dans un cimetière,

Ecrivit sur la pierre :

«  Ne soyez jamais fier

de pucelle abuser » .

 

Orange le Troubadour

La pastourelle du chat errant - Mireille Héros

« Assieds-toi au bord de la rivière et attends »- Colette

Assise au bord de la rivière

Fredonnait une lavandière

La chanson d’un chat de gouttières

Perdu dans un champ de bruyère

A chercher une aventurière

Echappée de sa garçonnière

Craignant pour elle la fourrière

Il l’appelait dans la clairière.

 

« Belle j’ai pour toi des croquettes

Je te donnerai ma cachette

Tu pourras dormir sur ma couette

Je jouerai de la clarinette

Tu pourras faire des claquettes

Sur les toits, en grande coquette »

Soudain apparaît la minette

Entre ses dents, une alouette.

 

«Garde pour toi ton baratin

J’ai le béguin pour un blondin

Sur le plateau des Capucins

Je ne suis pas une catin

Et ne veux pas d’un libertin

Qui veut me livrer aux margoulins

Pour faire grossir son butin.

Je t’en prie passe ton chemin ».

 

Depuis ce jour, il court sur la lande

Son triste chant on peut entendre

Dans la forêt de Brocéliande

Celui des amours de légende

Où de preux chevaliers pourfendent

La fée cruelle aux yeux d’amande

Egarée sur la carte de Tendre

Ses maléfices dans les cendres.

 

Mireille HEROS - 27 mars 2026

Les chats pepere et petite fille

Brève escapade - Annie Leroy

Se réveillant dans le jardin,

Parmi les roses et le jasmin,

L’Iris se dit, un beau matin,

« Qu’y a-t-il, au bout du chemin ?

J’aimerais bien y voir un brin ;

Quitter parents, sans gros chagrin ;

Prendre bâton de pèlerin

Et m’en aller au loin, très loin ! »

 

Souffrant de quitter sa famille,

Il ralentit son pas ; vacille.

Mais, tout là-bas, le soleil brille !

A l’instant, ses jambes frétillent.

Il se met à courir, sautille

De-ci, de-là, son temps gaspille :

Conte fleurette à la Jonquille

Qui lui parait douce et gentille.

 

Mais la belle cherchait surtout

De son amant, tirer des sous,

Des cadeaux chers et des bijoux.

L’ayant « essoré » tout son soûl,

Elle prend ses jambes à son cou ;

Le laisse tomber, tout d’un coup.

Dans la gorge, un arrière-goût,

Il revient au jardin : chez nous !

 

On ne tire pas sur une fleur pour la faire pousser.- Etienne Girard

Qui est donc cet Importun

Sa tête de mannequin

Semblable à un gros requin

Se voit déjà baldaquin

Ce sera pour lui tintin

Certainement pas copain

Je n’ai que fort grand dédain


 

Pas question de faire outrage

J’ai aujourd’hui passé l’âge

Vite il comprend sans ambage

Et sans que je le ménage

Voici qu’il nage, surnage

Tente de tourner la page

Cela n’est pas bien dommage


 

Voici les cloches qui sonnent

Ce rustre n’est pas un faune

Tout tourné vers les icônes

Il fuit loin de l’amazone

Attiré par le beau trône

Ne pense qu’à la couronne

Triste sire sans colonne

Gouttes de pluie - Simonne

Gouttes de pluie irisées

Baignent les fleurs éthérées

Qui sinon vont s'étioler

Le jardin va s'apaiser

Les plantes vont abonder

Jacinthes vont parfumer

Lilas vont nous embaumer

 

Le Printemps est déjà là

Jonquilles que revoilà

Fleuriront, la pergola

Formant un bel entrelac

Coloré tel Mandala

Le jardin s'épanouira

Et le soleil brillera

 

Les violettes fleuriront

On entendra les Pinsons

Les pivoines danseront

Puis les roses viendront

C'est une belle saison

Le muguet est le champion

Les jours deviennent plus long

 

Grace à la pluie printanière

Fleurissent les jardinières

Tout au long de la barrière

Poussent de belle manière

Sur des branches si légères

Cœur de Marie familières

Rêve de la bouquetière

 

Simonne