La pastourelle est un genre poétique qui date du Moyen-Age. Il s’agit le plus souvent chantés, composés de strophes. Il met en scène les tentatives de séduction d’une jeune bergère par un chevalier.
Elle s’en va la douce pastourelle,
Elle retourne où l’attend le bonheur.
« Je ne vis plus, faut m’en aller, dit-elle ;
Faut m’en aller où j’ai laissé mon cœur.
» Un beau pasteur me le retint pour gage :
On veut un gage en perdant le bonheur.
M’en vas chercher le gardien et l’otage ;
Me faut mourir ou retrouver mon cour. »
« — Racontez-nous, pastourelle naïve,
Votre aventure et celle du pasteur. »
« — Non, non, dit-elle, avec sa voix plaintive ;
Ne parlerai qu’en retrouvant mon cœur.
» Sur cette rive, où je suis étrangère,
On m’obligeait à chanter le bonheur.
Bonheur perdu rend la voix moins légère ;
N’ai jamais su chanter qu’avec mon cœur.
» Tous les matins, ainsi que l’alouette,
Ne m’éveillais qu’en chantant le bonheur ;
Puis du pasteur j’écoutais la musette,
Et je trouvais un écho pour mon cœur.
» Nous faut rester où l’âme est asservie.
Tout est si bien avec mon beau pasteur !
Il me rendra mon bien, ma voix, ma vie,
Et sur son cœur retrouverai mon cœur. »
« — Espoir vous guide en ce pèlerinage !
Ne pleurez plus ; son terme est le bonheur.
L’Amour sourit, l’Amour est du voyage ;
Il ira vite, il cherche votre cœur. »
Marceline Desbordes Valmore