C’est l’histoire de du Guesclin
Qui aimait une Dame en silence.
Il appela son ami Merlin,
L’exhorta de faire diligence
Pour envoyer à sa toute belle,
Sur le champ, un message d’amour.
Merlin, qui connaissait Isabelle,
Lui dit : « Pour jouer le troubadour,
Tu dois ouvrir grand ton escarcelle
Et rémunérer cette mission,
Cent trente écus, et la jouvencelle
Te vouera, alors, grande passion ! »
Mais du Guesclin n’était pas bien riche :
Point d’écu dans son pourpoint doré !
Il se désole ; crie et pleurniche !
Quoi, un chevalier désespéré ?
« Mais je suis de petite noblesse.
Hélas, Merlin, jamais ne pourrai
Te rétribuer! » « Quelle tristesse ! »
Lui répond l’enchanteur, désolé.
« Que faire alors, en la conjoncture :
Laid et pauvre, pour m’en faire aimer ? »
« Va ! Tu dois partir à l’aventure.
Au combat, il faut te distinguer !
C’est ainsi que tu trouveras gloire.
Triomphant, seras récompensé.
Et, volant de victoire en victoire,
De biens, d’amour, tu seras comblé ! »
Depuis ce jour, l’histoire de France
Sut le nom de Bertrand du Guesclin
Qui, bien souvent, malgré sa souffrance,
Bouta l’Anglais et ses noirs desseins.
Annie Leroy, 2 mars 2024