Un loup affamé capture un chien maigre qui le supplie d'attendre qu'il engraisse pour les noces de la fille de son maître. Le loup naïf accepte et libère sa proie. Quelques jours plus tard, il revient chercher le chien devenu plus gras, mais celui-ci, depuis sa maison, lui propose ironiquement d'attendre qu'il sorte avec le portier - un énorme chien de garde. Le loup comprend le piège et s'enfuit. La Fontaine illustre ainsi les dangers de la crédulité et l'importance de saisir les opportunités
Mais le loup retint la leçon
Promit d’adapter ses façons
Et attendit avec patience
De faire bombance
Quand l’occasion se présenta
Dans la ferme du chien bien gras.
La basse-cour en assemblée
Son champion doit désigner.
Tout en émoi la valetaille
Tout en battant des ailes, piaille :
Choisir entre deux prétendants
Un coq au plumage éclatant
Et un ramier dont la hardiesse
N’a d’égal que sa paresse
Le choix s’avère délicat
Chacun défend son candidat.
Un dindon, un vieux de la vieille
A l’idée de sortir sa vielle.
Oubliés les éclats de voix
Les mots d’oiseaux dans les carquois
Place à la fête et à la bombance
Le grain coule à flots. C’est Byzance.
Soudain, un hurlement sinistre
Foin de président ou ministre
Un loup efflanqué, affamé
Dans la basse-cour est entré
Dindons, coqs, poulets, becs et ongles
Tout le long d’une nuit très longue
Font front devant l’envahisseur.
Au petit matin l’oppresseur
Satisfait a rempli sa panse
La basse-cour lui fait allégeance.
Moralité
Ruse et patience paient toujours.