Académie de la Poésie Française Pérenniser et faire rayonner la poésie classique et néo-classique en France et à l’étranger

1900 - cartes poétiques et contes

La marguerite du 1er avril, Annie Leroy

2026 09 18 a letroy 24616« Bonjour, Madame Marguerite !

Ce jour, que me souhaitez-vous ?

Je me soumettrai à ce rite

Que vous avez fondé partout ! »

 

« Mon amie, aurez-vous la chance

De voir votre amour partagé ?

J’aimerais que votre constance,

Dans son cœur, ait reflet, trouvé.

 

Pour le savoir, effeuillez vite

Mes pétales aux poissons d’argent :

Voyez ces images hypocrites

Illustrer les anciens serments. »

 

« Oui, je vais détacher, rêveuse,

Ces gravures afin de savoir

S’Il me rendra enfin heureuse ;

S’Il m’aime encor’ ? Un peu d’espoir ?

 

Je lancerai un dé féroce

Et compterai, en la froissant,

Sur ta couronne, d’un doigt véloce,

Un alphabet trop angoissant…

 

Serai-je aimé ? Ma voix tressaille :

Un peu ? Beaucoup ? Passionnément ?

Je tremble ; je vais, vaille que vaille,

Mais, pour finir : cordialement !!!

 

Alors, je regarde la date :

Premier avril, évidemment !

Je dirai à cet acrobate :

Moi ??? Pas du tout ! Sincèrement… »

18 septembre 2026

Amour quand tu nous tiens! comme il est doux d’aimer, Mireille HEROS

2026 09 18 didier ou mireille 124419

Cupidon dans tes beaux atours

Tu promets l’amour pour toujours

Tes flèches dans les sauvagines

Visent le cœur de Capucines.

 

Sur tes ailes les beaux romans

S’envolent dans le firmament

Sur les jeunes filles en fleur, se posent

Coeur d’une rose à peine éclose.

 

Hélas, beau Cupidon, Facebook

T’as largué dans une felouque

L’amour se trouve dans les prés

Pour trouver le mari rêvé.

 

18 septembre 2026

La chèvre de Monsieur Seguin revisitée en prose, Martial Maynadier

2026 09 18 martial la chevre de monsieur seguin

Alphonse ce jour-là, avait décidé d’un casting pour choisir l’héroïne d’un récit qui devrait

raconter la lutte héroïque et désespérée d’une chevrette contre un loup. Elle se battrait toute une

nuit contre lui et à la fin, le loup la mangerait. Il lui fallait un modèle crédible, car il avait décidé

de peindre sur le vif, et il lui fallait le modèle vivant sous les yeux. Il avait donc mis une annonce

pour trouver la chèvre idéale. Pour le loup, il s’arrangerait au jardin des plantes, pour en

observer un à loisir lors de son nourrissage.

Alphonse avait donc mis une annonce dans La Provence : Cherche Chevrier présentable

et chevrette assortie, blanche et de caractère, mais docile, gentille, et aussi humaine et que

possible capable d’attendrir enfants et adultes.

Le rendez-vous était fixé chez lui et il avait demandé à son ami Nadar de photographier

les couples candidats pour qu’il puisse ensuite choisir comme dans un jeu de carte la chevrette et

accessoirement le maître qui lui conviendrait comme la meilleure inspiration de son récit.

Il avait déjà vu des chèvres top grasses, des maîtres trop maigres, des décoiffés, des mal

portantes, des fragiles et des caractériels. Mais voilà qu’à présent devant ses yeux éblouis, se

tenait la perle rare, le couple parfait. Une chevrette souriante et joueuse, amicale et alerte,

familière et habile de ses petites cornes, et le maître merveilleusement adéquat à son rôle,

propre sur lui, présentant bien, l’image même d’un chevrier d’Épinal même si naturellement il

était provençal.

Il n’y avait qu’un seul souci, la chevrette était noire, et Alphonse la voulait Blanche, il

l’avait baptisée Blanquette pour son récit, déjà commencé, et il y tenait. Cela faisait partie de la

belle opposition entre la noirceur du loup et la candeur de la jeune bête, promise à ses crocs.

Il allait donc refuser l’impétrante quand le chevrier répondant au nom de Monsieur

Seguin, lui proposa quelque chose, et aussitôt dit aussi tôt fait.

Nadar immortalisa la peinture de la chevrette, dans un blanc immaculé.


 

Apparition, Martial Maynadier

Des couleurs orangées, alternent avec des fleurs autour d’ un tissu vert, une étole descend le long d’un corps de femme, un coude une chair rose, s’appuie contre une hanche.

Une main apparait et les doigts et les fleurs, et l’étole et la robe semblent faire une danse tout àl’entour d’un corps, qui s’élève habillé d’un bouquet débordant, les épaules sont nues au-dessus du voile orangé qui couvre la poitrine et le cou apparait pur et tendre, rosé. Des fleurs comme un soleil font boucles à l’oreille en prolongeant les mèches blondes cerclant un beau visage ovale.

La  femme nous regarde. Ses belles lèvres rouges comme certaines fleurs et l’étole elle-même, ont la couleur des fruits groseille ornant la chevelure, dans une coiffure savante, les cheveux ont la blondeur d’un champ de blé, mouvements de la mer.

La femme dans les fleurs est fleur parmi les fleurs. La chaleur de l’image, mêlant les orangés au nuances dorés et aux rouges baisers, dans un cadrage étroit qui s’arrête à la taille et ne montre qu’un bras. L’image est composée de 24 carreaux, qui forment un décor en face d’un miroir, brasserie de la Paix, 25 place Rihour, dans le centre de Lille.

2026 09 18 martial image