Académie de la Poésie Française Pérenniser et faire rayonner la poésie classique et néo-classique en France et à l’étranger

Vanuxem Béatrice

De ciel et d'encre

De ciel et d’encre, les poèmes de Béatrice Vanuxem sont beaux et s’élèvent comme des chants secrets, composés avec élégance et passion. Entre les lignes, à fleur de vers se dessinent des images suspendues, des sensations, des sentiments, des confidences, et ces silences profonds qu’un peu d’encre suffit à faire éclore.

La poésie est un art dans lequel Béatrice se dévoile avec pudeur et émotion. C’est ainsi que la poétesse nous ouvre son univers, au fil des pages, l’esprit offert à tous les vents. On est souvent étonné, touché par un mot, par l’éloquence d’un verbe, par le rêve et l’imaginaire qui embellissent le poème.

L’inspiration est intimiste, sociale, portée par la noble écriture de la tradition classique. Sous la plume de Béatrice, l’alexandrin retrouve sa majesté. Le rythme est fluide et les mots battent comme un cœur, son cœur. Il faut alors prêter l’oreille, murmurer les poèmes à voix haute pour en capter l’écho et laisser la rime résonner en soi comme une évidence.

Pour l’auteure évoquant la poésie,

 

Elle anime le trait de la plume qui danse,

A toute heure, en tout lieu, son souffle nous séduit

En libérant les mots et leur impertinence

Pour semer des étoiles à l’ombre de l’écrit.

 

A découvrir, à aimer.

Thierry Sajat

2026 07 19 b vanuxem de ciel et d encre
2026 07 19 b vanuxem de ciel et d encre 4eme de couverture

Morceaux choisis

La mort du pissenlit

Nous avons tous aimé une première fois,

Connu cette émotion qui bat sous la paupière

Lorsque le cœur bondit dans sa cage de verre

Et que le pourpre aux joues révèle nos émois ;

 

L’éphémère destin nous amène parfois

A nous disséminer, car il est nécessaire

Ainsi qu’un pissenlit qui retombe en poussière

De semer alentours l’amour que l’on reçoit.

 

Pour l’ombre d’un regard ou le prix d’un baiser

Nous offrons à nos sens un goût d’éternité,

Une infusion d’espoir, mais le bonheur est court

 

Car à peine entrevu il se fond dans la brume,

Souvenir vagabond d’une illusion posthume

Que l’on poursuit sans fin, sans foi et sans recours.

 

 

Les vieux

Il est des gens au regard creux

Qui avancent à pas pesant

Comme si un mal laborieux

Les clouait au sol en marchant.

 

Dans l’instantané d’un désir

Ils grimacent si laidement

Que même entre eux ils se font fuir ;

Mais ... Où sont donc passées leurs dents ?

 

Peut-être sont-elles amovibles ?

J’y perçois de l’or, de l’argent,

Une caverne indescriptible

Où brillent les joyaux d’antan.

 

Ces gens-là, curieux personnages,

N’ont pas l’allure de chez nous,

Ils paraissent n’avoir point d’âge,

On les prendrait bien pour des fous

 

Au vu de leurs étranges têtes ...

Mais qui sont donc ces malheureux ?

Des habitants d’autres planètes,

Des revenants ? Mais non, des vieux !

Munch

Pour l’enfant qui crie dans la nuit,

Pour ses rêves qui s’éparpillent

Entre désespoir et dépit

Sous ses entrailles qui se vrillent,

 

Pour la solitude qui tue

Et la détresse qui se terre

Dans l’indifférence têtue

D’un collectif démissionnaire,

 

Pour tous ceux dont les larmes sèches

Ne peuvent plus servir à rien

Faute de colmater les brèches

Creusées par les trous du chagrin,

 

Pour les yeux noyés de silence

Et les serrures refermées

Sur les abîmes de l’absence

De nos amours évaporées,

 

Pour cette vie qui nous déchire

En permanence et sans répit,

Pour le meilleur et pour le pire

De nos maux : Munch a fait LE CRI.